Patrimoine et fiscalité : ISF devenu IFI, qui est concerné aujourd’hui ?

Du passage de l’ISF à l’IFI : que s’est-il passé ?

Pendant longtemps, les personnes les plus fortunées de France devaient s’acquitter d’un impôt appelé ISF (l’Impôt de Solidarité sur la Fortune). Créé en 1989 (en remplacement d’un impôt similaire, l’IGF, qui avait vu le jour en 1982), il s’appliquait aux patrimoines supérieurs à environ 1,3 million d’euros. Le taux allait de 0,5 % à 1,5 %, selon la valeur du patrimoine.

Ce qui était taxé ? À peu près tout : immobilier, placements financiers, meubles précieux, œuvres d’art, parts d’entreprises… bref, l’ensemble du patrimoine.

Mais en 2018, changement de cap. Le gouvernement Macron décide de faire disparaître l’ISF pour créer l’IFI : l’Impôt sur la Fortune Immobilière. Pourquoi ? Plusieurs raisons politiques et économiques ont été avancées :

  • Relancer l’investissement productif : L’ISF taxait les actions et autres placements financiers. Résultat : certains préféraient laisser leur argent « dormir » plutôt que de le placer dans des entreprises. Avec l’IFI, ces actifs sont exonérés, ce qui encourage l’investissement.
  • Limiter l’exil fiscal : L’ISF était accusé de pousser les plus riches à s’expatrier. En allégeant la fiscalité sur les fortunes financières, l’objectif était de les retenir.
  • Donner un signal positif : Ce changement faisait partie d’un ensemble de mesures pour rendre la France plus attractive aux yeux des entrepreneurs et des investisseurs.

 

L’IFI, c’est quoi exactement ?

Depuis le 1er janvier 2018, l’IFI a remplacé l’ISF. Et la différence majeure, c’est que désormais, seuls les biens immobiliers non professionnels sont pris en compte.

Quels biens sont concernés ?

L’IFI s’applique aux propriétés immobilières, qu’elles soient détenues en direct (comme une maison ou un appartement) ou via des sociétés (comme une SCI). Cela inclut par exemple :

  • Résidences principales et secondaires
  • Terrains, immeubles à usage commercial ou industriel
  • Biens agricoles, forêts
  • Biens détenus via des parts de société dès lors qu’elles représentent de l’immobilier

 

En revanche, les actifs financiers (livrets, actions, assurances-vie), les meubles, les voitures, les œuvres d’art… ne sont plus concernés.

 

Et les exceptions ?

Il y a des cas particuliers :

  • Si un bien est affecté à une activité professionnelle, il peut être exonéré.
  • Si vous avez contracté un emprunt pour acheter, entretenir ou améliorer un bien immobilier, cette dette est déductible.
  • En cas de démembrement (si la nue-propriété et l’usufruit sont séparés), c’est l’usufruitier qui est redevable de l’IFI, et cela sur la valeur totale du bien.
  • Abattement de 30 % sur la valeur de la résidence principale.

 

À partir de quand est-on imposé ?

Si, au 1er janvier de l’année, votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d’euros, alors vous devez le déclarer et potentiellement payer l’IFI.

 

Comment le calculer ?

C’est assez simple sur le papier :

Valeur nette imposable = valeur brute du patrimoine immobilier – dettes déductibles

Ensuite, on applique un barème progressif, avec des taux allant de 0,5 % à 1,5 % selon le montant total.

 

Et la déclaration ?

Elle se fait en même temps que la déclaration de revenus, en ligne sur le site des impôts. Le paiement suit logiquement.

 

 

Fraction de la valeur nette taxable

Taux applicable
Jusqu’à 800 000 €0 %
De 800 001 € à 1 300 000 €0,50 %
De 1 300 001 € à 2 570 000 €0,70 %
De 2 570 001 € à 5 000 000 €1 %
De 5 000 001 € à 10 000 000 €1,25 %
Au-delà de 10 000 000 €1,50 %

 

Pour rappel :

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