La loi de finances 2025 introduit plusieurs réformes fiscales majeures, dont l’une des plus importantes concerne la création de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR). Cette nouvelle mesure vise à garantir un taux d’imposition minimal de 20% pour les foyers fiscaux percevant des revenus particulièrement élevés.
Qu’est-ce que la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) ?
La CDHR est une contribution supplémentaire qui vient s’ajouter à l’impôt classique.
Cette contribution concerne spécifiquement les foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000€ pour une personne seule / divorcée / Veuve ou 500 000€ pour un couple marié ou pacsé.
Elle est calculée en fonction du revenu fiscal de référence, et son objectif est d’assurer que les contribuables avec des revenus élevés soient imposés au minimum à hauteur de 20%.
Concrètement, lorsque l’on génère de tels revenus, l’application du barème des tranches d’imposition induit une imposition moyenne supérieure à 35% (il s’agit du taux moyen après utilisation des tranches basses, puis application de la tranche marginale la plus haute à 45%).
Ainsi, on pourrait se poser la question de la pertinence de la CDHR.
Cette mesure ne va trouver son utilité fiscale que dans le cas d’une très forte proportion de revenus financiers (dividendes, gains de capital, etc.) soumis à la Flat Tax (ou PFU) de 30%. Le PFU se décompose de 12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux.
Les foyers ayant des revenus élevés provenant principalement de leur activité professionnelle seront peu ou pas concernés par cette nouvelle imposition. En revanche, ceux ayant des revenus faibles, voire inexistants, mais qui déclarent des dividendes ou des plus-values importantes, seront plus fortement concernés par ce changement d’imposition.
Prenons deux exemples pour illustrer ce mécanisme, ainsi que son impact :
Le calcul de l’impôt a été réalisé via le simulateur d’impôt avec les nouvelles tranches fiscales applicables aux revenus 2025.
Cas n°1 : Personne célibataire qui gagne 400k€ par an grâce à son activité professionnelle et 50k€ de dividendes.
A. Revenu Fiscal de Référence (RFR)
Le RFR est de 435 574€. Ce montant est obtenu en ajoutant le revenu professionnel annuel (400k€ net moins l’abattement forfaitaire de 10% plafonné à 14 426€ = 385 574€) et les dividendes perçus (50 000€).
B. Impôt sur le Revenu (IR)
L’impôt sur le revenu soumis aux tranches du barème est de 150 241€. (Source : https://simulateur-ir-ifi.impots.gouv.fr/cgi-bin/calc-2025.cgi )
Dans ce cas, le Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 45%, ce qui signifie qu’il se situe dans la tranche la plus élevée d’imposition.
C. Imposition des Dividendes au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
Les dividendes de 50 000€ seront soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), selon la répartition suivante :
- 50 000€ * 12,8% = 6 400€ d’impôt sur le revenu forfaitaire
- 50 000€ * 17,2% = 8 600€ de prélèvements sociaux
D. Contribution différentielle des hauts revenus (CDHR)
Ensuite, on calcule le total d’impôt sur le revenu :
- Impôt sur le revenu : 150 241€
- Imposition des dividendes : 6 400€
Total de l’impôt : 156 641€
Pour que la Contribution Différentielle des Hauts Revenus (CDHR) soit due, la somme des charges fiscales effectivement payées par le foyer doit être inférieure à 20% du revenu fiscal de référence (RFR).
Dans ce cas précis, 156 641€ divisé par 435 574€ de RFR : on atteint un taux de 36% (au-delà du taux minimum de 20%).
Par conséquent, aucune CDHR n’est due.
Cas N°2 : Personne célibataire qui gagne 50K€ par an grâce à son activité professionnelle et 400k€ de dividendes.
A. Revenu Fiscal de Référence (RFR)
Le RFR est de 445 000€. Ce montant est obtenu en ajoutant le revenu professionnel annuel (50k€ net moins l’abattement forfaitaire de 10% = 45k€) et les dividendes perçus (400 000€).
B. Impôt sur le Revenu (IR)
L’impôt sur le revenu soumis aux tranches du barème est de 6 665€. (Source : https://simulateur-ir-ifi.impots.gouv.fr/cgi-bin/calc-2025.cgi ).
Dans ce cas, le Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 30%.
C. Imposition des Dividendes au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
Les dividendes de 400 000€ seront soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).
- 400 000€ * 12,8% = 51 200€ d’impôt sur le revenu forfaitaire
- 400 000€ * 17,2% = 68 800€ de prélèvements sociaux
D. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)
Le calcul de la CDHR est le suivant :
- Impôt sur le revenu : 6 665€
- Imposition des dividendes : 51 200€
Total des charges fiscales : 57 865€
Pour que la Contribution Différentielle des Hauts Revenus (CDHR) soit due, la somme des charges fiscales effectivement payées par le foyer doit être inférieure à 20% du revenu fiscal de référence (RFR).
Dans ce cas précis, 57 865€ divisé par 445€ de RFR : on atteint un taux de 13% (inférieur au taux minimum de 20%).
Ainsi, un complément via la CDHR est dû :
CDHR : 89 000€ (= 20% x 445k€) − 57 865€ = 31 135€
Conclusion
Les deux cas présentés soulignent l’impact que vont subir les ménages ayant de hauts revenus en 2025 à la suite de la mise en place de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR).
Ces exemples mettent en évidence l’impact de la nature des revenus sur le niveau d’imposition. Dans le cas n°1, la prédominance des revenus professionnels conduit à une charge fiscale supérieure au seuil de 20% du RFR, excluant ainsi toute application de la CDHR.
À l’inverse, dans le cas n°2, la forte proportion de revenus financiers entraîne une imposition globale inférieure à ce seuil, déclenchant le mécanisme correctif de la CDHR.
Ces situations illustrent l’importance d’une stratégie fiscale adaptée à la structure des revenus.
